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Thursday, August 21, 2008

L'haiku aux forceps 7

Voilà déjà presque un an que je quittai le Japon, terre des dessins animés coquins et des champions olympiques de brasse. Comme vous pouvez l'imaginer, un vide béant s'est installé depuis, laissant votre serviteur en mal des merveilles du monde nippon: sushi aux crevettes, heures de pointes dans le métro tokyoïte, tenues affriolantes des Japonaises et, accessoirement, ma chère et tendre.
Pour surmonter la douleur d'un tel éloignement, je tente de m'immerger dans l'essence même de la culture nippone disponible en import, à savoir les hautes sphères du manga. Après, quelques errements m'ayant mené vers des inepties audiovisuelles telles que Amaenaideyo et High School Girls, je suis vite revenu aux valeurs sûres qui ont bercé mon enfance Hokuto no ken, Ken le survivant pour les francophones. Sentant revenir les sources d'inspiration inépuisables qui ont fait le succès passé de ce blog, je n'ai pas hésité à étancher ma jusqu'au bout ma soif de dessins finis à la va vite et de scénarii assurément écrits sous l'effet de substances psychotropes., ce qui m'amène aujourd'hui à l'épisode 103 de ce chef d'oeuvre. De cette cure mangaïque intense sont sortis les deux haikus ci-dessous dont la qualité n'a rien à envier à celle du programme audiovisuel évoqué précédemment :

未亡人も
孤児も助ける
北斗の拳


ビックリする
ケンシロの指や
無敵だって.

Sunday, June 24, 2007

Kamehameha Kultur

A deux mois de rentrer à la maison et de gouter enfin à un bon camembert coulant aux senteurs d’entrecuisses, l’heure est venu de vérifier si les raisons de ce long séjour au Japon étaient justifiées et si les objectifs que je m’étais fixés il y a maintenant un an ont été remplis. Tout ceci étant clairement un corollaire du « Mais au fait qu’est ce que je fous là?»

La première raison était bien sur affective et l’on peut dire sans trop se tromper que sur ce plan cette année aura été plus que bénéfique. Mais comme le dit ce bon sens commun auquel il faut toujours faire confiance (enfin, je veux dire, c’est une question de bon sens), le cœur a ses raisons que la raison ignore et je ne peux décemment pas baser cette analyse sur un manque de logique si criant.

La deuxième raison invoquée alors était la formidable expérience professionnelle que serait ces longs mois dans une entreprise nippone. En l’occurrence, l’aspect scientifique a été plutôt pauvre jusqu’alors et de tout ceci ne restera probablement qu’une formidable ligne de plus sur mon CV.

Le troisième et ultime objectif de ce voyage était bien évidemment la découverte de cette culture énigmatique qui fait rêver tant d’Européens en quête d’exotisme. C'est-à-dire que je suis comme beaucoup un enfant du Club Dorothée et j’ai été élevé avec Nicky Larson, Sangoku* et Ken le survivant comme exemple. Cette soif de culture nippone ne m’a plus quitté depuis l’âge de 5 ans (enfin ce n’est pas tout a fait vrai : aux alentours de 19 ans, j’ai eu un doute sur la possibilité d’arrêter des balles de 9mm en plein vol, de lancer des boules de feux du petit doigt, ou de tuer un adversaire par une pression du téton gauche. Doute vite évanoui après une bonne cure de DBZ régénératrice de foi.). C’était donc là l’occasion unique d’étendre un savoir déjà solide sur ce beau pays. Et bien je dois avouer que ce sur ce plan c’est une complète réussite. Listons pour s’en convaincre l’ensemble de mes aptitudes et connaissances actuelles :

- Mes acquis dans la langue locale me permette de survivre dans ce milieu hostile : je sais que je ne dois pas traverser la ligne jaune en bordure du quai quand le train arrive**, je peux commander un gin tonic en soirée, je peux compter le nombre de yens dépenser en gin tonic à la fin de la soirée en question et je connais le kanji pour « Attention danger, demoiselle de peu de vertu » (六本木).

- On me surnomme maintenant le prince du tambourin nippon, appelé aussi Taiko.

- Je suis le critique JPOP de référence parmi mes connaissances proches.

- Je connais plus de 10 mets différents dans la cuisine japonaise, ce qui inclut le bol de riz blanc trop cuit et le Mega Teriyaki, dernière trouvaille du McDo local .

- J’ai découvert de nouveaux mangas tels qu’Ebichu, le hamster de ménage.

- J’ai amélioré mes connaissances relatives à Dragon Ball puisque pas plus tard qu’aujourd’hui, j’ai découvert que Sangoku avait un père et qu’on connait son histoire :






Au final, j’ai quand même bien fait de venir.



* pour les ignorants malheureusement si nombreux parmi mes bien aimés lecteurs, Sangoku est le personnage principale d’un dessin animé nippon appelé Dragon Ball (puis DBZ et enfin DB-GT). Pour faire vite, le gentil Sangoku et plein d’autres (dont des méchants) sont à la recherche des sept boules de cristal, et ça c’est pas une aventure de tout repos. Notons que les dialogues sont principalement composés de « KOUAYAAA », « URK », « YATATATATATATA », « WOUAAAAH » et bien sur « KAMEHAMEHA ».

** concept complexe et totalement inclus dans le terme "mamonaku"


Monday, June 18, 2007

Tentation

Ici, alors que les Nord-Coréens continuent à faire des plocs dans la mer Jaune avec leurs missiles balistiques et que les politiciens nippons se rapprochent tout doucement du concept d’autodéfense préventive, la vie suit paisiblement son cours, frisant parfois l’ennui mortel. Fort heureusement, mon esprit lubrique et malsain me permet parfois de sortir de ce marasme pantouflard. C’est ainsi qu’il y a peu, un souvenir de ma prime jeunesse m’est réapparu, remisant mon inertie au placard et redonnant un nouveau souffle à ce quotidien apathique. Rappelez vous, c’était en 2002, la France découvrait les yeux béants et la langue pendante la nouvelle émission de l’été sur TF1 : l’ile de la tentation, summum du voyeurisme moralement cautionné par Oscar Wild lui-même. Le concept est simple mais efficace : 4 couples célibataires se voient séparés pendant 12 jours sur une ile paradisiaque, chacun devant durant cette période subir les assauts séducteurs d’adonis et de nymphes plus attractifs les uns que les autres (Le générique de la saison 2 ici pour avoir une meilleur idée). Le but ultime est bien sur de faire en sorte que l’amour ne triomphe pas, magnifique métaphore télévisuelle de la condition humaine. Ainsi, comme la plupart de mes compatriotes, chaque samedi, dès la fin de « Opération Séduction » - l’autre émission de l’été, mais sur M6 cette fois, j’allais vite chercher un cornet vanille-chocolat avant de zapper sur la chaine préférée des Français. Ce soir là, un événement en particulier marqua à jamais ma vie sentimentale et relationnelle. Brandon un des hommes venu pour tester son couple, vient de voir sa femme dans les bras d’un autre lors du feu de camp quotidien :

Voix off grave et alarmiste : « Et la c’est le drame, Brandon soulève ses 120 kilos de muscles, s’empare d’un bâton, et s’apprête à traverser l’ile pour trouver sa femme ! »

Brandon : « Ou est ma femme, je veux voir ma femme, je ne bougerais pas la tant que j’ai pas ma femme !»

Voix off grave et descriptive : « Brandon veut voir sa femme… »

Moi : « Du sang, du sang !!! »

Voix off grave et un brin goguenarde : « Désolé mais TF1 ne peut a l’heure actuelle diffuser d’images violentes ou a caractère pornographique. En revanche nous vous proposons « Chasse et pêche » a une heure plus tardive».

Je compris alors que la vie de couple était faite pour moi. Je me lançais donc dans une recherche vaine et éperdue de l’âme sœur, dans le but avoué de montrer à l’élue de mon cœur que moi aussi je peux être épris d’une passion forte et destructrice. Ce n’est que beaucoup plus tard que je compris que Brandon (son site ici) n’était pas sur le point de battre la savane pour honorer sa femme après trois jours d’insupportable abstinence, mais bien pour aller bastonner du célibataire et montrer « qui c’est qu’c’est l’homme sur cette putain d’ile paradisiaque ».

Bon mis a part, le fait que cela ait égayé les 7 derniers jours de mon existence, je vous accorde que le souvenir en question n’a pas beaucoup d’intérêt pour vous, chers amis lecteurs. Bien que susciter votre intérêt est le cadet de mes soucis, je tiens tout de même à vous faire part des réflexions métaphysiques que cela éveillé en moi. En effet, il ne m’a pas fallu longtemps pour faire un parallèle ingénieux et clairvoyant entre le caractère insulaire du pays ou je réside actuellement et cette émission culturelle si populaire. Car enfin, et je sais que les autres expatriés français ne me contrediront pas, le Japon est le pays de toutes les tentations et un challenge de tous les instants pour la survie des couples bien installés.

Tout d’abord la profusion des bars à hôtesses, sex-shops et autres distributeurs de vidéos réservées à un public averti plonge le commun des mortels dans une atmosphère de concupiscence exacerbée. Ensuite le pouvoir de séduction des gaijins est quasi-illimité (non, non j’exagère pas…) ce qui étend considérablement le nombre d’opportunités qui leur est offertes. Enfin, il faut bien avouer que les nippones sont fort séduisantes :


Trois facteurs qui expliquent surement la raison pour laquelle les Japonais n’ont pas encore rejoint Chine, Brésil, Italie, Pays-Bas, USA et Mexique dans l’adaptation de cette émission grandiose : pourquoi regarder sur son petit écran ce qu’on voit tous les jours au coin de la rue ? Tant est si bien qu’après 10 mois au Japon, je ne ressens même pas le besoin de regarder le 6e opus de l’ile de la tentation qui va pourtant débuter incessamment sous peu.

Votre intérêt pour mon propos étant maintenant à son comble, je me propose de vous laisser à vos activités respectives en attendant un prochain article plein d’attraits.

Friday, June 15, 2007

Escroquerie télévisuelle

Je m’insurge et proteste. Le dernier épisode de la série américaine The Sopranos m’a mis très très colère cette semaine. Pourtant ca avait plutôt bien commencé : le travail était devenu presque intéressant et je venais de m’acheter un nouveau sac à dos rose Barbie du plus bel effet. Mais tout a dérapé après avoir regardé la plus grosse escroquerie télévisuelle du 21e siècle.

Pour les incultes notoires, The Sopranos est l’histoire d’un mafieux dépressif, Tony Soprano, leader dans l’âme malgré un manque de sang froid évident. En outre, il aime batifoler avec des canards dans sa piscine, se coltine une femme, deux gosses et une psy fort appétissante.*



Or donc, dans cet ultime épisode, Tony Soprano est dans une situation plus que délicate puisqu’une autre famille mafieuse a juré sa perte. Durant tout l’épisode, Tony essaye donc de se dépatouiller de cet épineux problème tout en réglant les habituelles complications familiales. Bien évidemment, un suspense haletant vous serre l’estomac et vous vous rongez les sangs pendant 50minutes. Arrive alors la scène finale qui est censée clore 6 saisons, 86 épisodes et, en ce qui me concerne, une relation passionnée –bien que platonique et non réciproque- avec Tony : le personnage attend sa petite famille dans un restaurant fort sympathique alors que d’autres clients entrent et sortent intempestivement. Se succèdent alors une série de plans rapprochés sur certains individus à l’air louche voire franchement basané. Le spectateur, les yeux béants et la bave au coin des lèvres, se demande donc qui est ce maudit assassin qui va venir achever notre riche et dangereux mafioso !!! Mme Soprano arrive enfin, apparition de nouveaux meurtriers potentiels. Le fiston entre à son tour, un assassin en puissance se dirige vers les aisances (pour aller chercher son arme ?). La fille Mealow, arrive bonne dernière en voiture à proximité du restaurant et s’engage dans un improbable créneau. Le réalisateur ose alors nous faire un descriptif complet du créneau en question, tout en alternant plan à l’intérieur et à l’extérieur du restaurant, histoire de nous faire mariner un peu plus et de faire monter la tension. Le cœur du spectateur bat à un rythme effréné, ses mains tremblent et il vient de vomir ses derniers donuts. Mealow, après maintes tentatives infructueuse a garé sa voiture en double file, sort du véhicule, ouvre la porte du restaurant et…

Fin. Ce summum de frustration m’a conduit à de noirs desseins et je recherche activement l’adresse de David Chase, le créateur. Toute information utile à cet effet sera grandement appréciée.

*Si vous avez aimé le pitch ne lisez pas la suite et aller vite acheter le DVD chez votre revendeur habituel.