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Saturday, March 24, 2007

お仕事は健康的です II, le retour


Traduction tres approximative de "Le travail c'est la sante II, le retour"


Mon très cher collègue coréen, que le Christ soit avec lui, s’en est retourné prêcher aux alentours de Seoul. Je ne médirai donc point des absents, et ne vous parlerai pas, comme je l’avais pourtant promis dans un article precedent, de cet être délicieux, de son charme angélique et de ses visions miraculeuses bien qu’un tantinet morbides. Oui, je lis dans vos petits yeux tristes une incommensurable déception. Mais séchez vos larmes ! Quel intérêt y aurait-il eu à ironiser sur la tête du curé alors que l’hostie se transforme en un morceau de chair suintante ? Quel plaisir auriez-vous trouvé dans la description de la pompe électrique supposée faire verser des larmes de sang d’une Vierge statufiée ? Auriez-vous cru un seul mot de l’histoire de ce vieil abbé français qui, par sa mort et en un jour seulement, convainquit comme par magie toute une classe politique que les pauvres aussi peuvent voter ? Allons, vous voyez bien que vous ne ratez pas grand-chose. Et puis, comme en convient notre croyant averti, quand bien même ces miracles seraient autant de signes que notre bonne vieille humanité commet crimes et pêchés à tour de bras, à commencer par l’avortement (communisme, pédophilie et viol sont plus bas dans le classement, peine de mort est hors compétition), auriez-vous écouté l’appel de détresse de notre Père à tous ? Ne me faite pas rire ! L’actualité nous montre que même les Portugais, pourtant fervents catholiques, s’en contrefichent.

Puisque d’un commun accord ce thème est proscrit, je digresserai maintenant sur un sujet moins exaltant quoiqu’assez proche, mes très chers collègues japonais, ils ne me restent plus qu’eux de toute façon. Pour la plupart d’entre eux, nos relations restent assez limitees puisque a mon quotidien おはようございます(ohayou gozaimasu, quelle matinee exquise n’est-il pas ?) je n’ai droit qu’a une demi reponse par semaine : sur une douzaine de collegues ca fait pas lourd. Seul mon supérieur direct, que Bouddha bénisse son petit crâne touffu, est d’une attention presque suspecte envers moi, allant même jusqu'à m’invité en ses pénates, histoire de découvrir toute la petite famille. Enfin un peu de reconnaissance dans ce monde de collegues au coeur de glace. Outre le repas delicieux, cette petite excursion fut tout a fait interessante et j’ai appris beaucoup sur ce charmant petit couple de Japonais modele. Voici un petit resume. Apres 10 ans de vie dans un dortoir exclusivement reserve a la gent masculine, Mr se decide a trouver Mme, mais il ne sait pas encore qui est Mme. Il s’en remet donc a un entremetteur et trouve la perle rare en peu de temps lors d’un repas au chandelle ou il osera, comble de l’audace, un baise-main. Tout s’enchaine : mariage, lune de miel a Disney World en Floride et conception du petit moufflet, et nous voici partis pour 7 annees de plus dans les dortoirs familiaux gracieusement offerts par l’entreprise. Au fur et a mesure de la description de ces petites anecdotes, mon propre destin se dessinait sous mes yeux ebahis. Autant vous dire que j’ai deja reserve la nuit de noce au Disney Family Hotel a Orlando.

Veuillez recevoir toutes mes excuses pour cet article qui nous éloigne considérablement de l’objectif premier de ce blog, à savoir l’ouverture sur une culture japonaise pleine de mystères et de surprises. Mea culpa et dans un souci d’auto-flagellation non exempt de jouissance, je citerai pour finir Hugo Pratt : entre le sarcasme et l'ironie il y a la même distance qu'entre un rot et un soupir.

Sunday, December 24, 2006

Fiat lux

Il est des jours ou la grace de dieu vous touche sans qu’on s’y attende. Il est des jours ou une experience mystique hors du commun nous est offerte, une experience qui change le cours de notre vie.

En ce jour ensoleille d’octobre 2006, rien ne laissait supposer un tel miracle. Leves des l’aube, nous nous dirigions par voie ferree vers la celebre prefecture de Yamanashi, moi, ma moitie, et quelques amis. Le but ultime de ce periple etait Katsunuma-budoukyou, ville de vice et de luxure puisque sa principale activite est l’agriculture vinicole. Oui je sais j’ai un peu honte, mais que voulez vous, je n’ai pas reussi a echapper a la tentation de gouter un cabernet-sauvignon japonais.

Toujours est-il que ce lieu de debauche n’etait pas a proprement parler ideal pour une revelation mystique. Et pourtant quelques indices auraient pu nous montrer que ce jour n’etait pas un jour comme les autres. Ainsi, une fois arrive au bout de la ligne ferroviaire “tensen” (voie celeste) nous pumes contempler une campagne accueillante ou les collines dessinait des courbes parfaites dans ce paysage chatoyant, le pourpre du raisin contrastait avec les feuilles vignes verdoyantes, le soleil se refletait dans des fontaines deversant des vins exquis, bref un petit paradis sur terre. Ce qui semblait alors etre un autochtone nous aborda : un sourire serein, une large robe immaculee, une longue barbe blanche et touffue, une voie caverneuse et un taxi flambant neuf. Après s’etre presente sous le nom de Seishinteki-san (Mr spirituel), il nous recommanda de visiter l’un des meilleurs vignoble du lieu, le “Chateau Lumiere” et nous y conduisit. La nous fumes convies a un somptueux repas : le vin coulait a flot, les parfums de mets raffines venaient reveillait nos sens, et une divine et mysterieuse musique aux accents de Duke Ellington bercait la foule des autochtones attables. Odin lui meme eut ete jaloux d’un pareil festin.

Apres quelques verres d’un vin fameux, le sang de la terre se melangeant au mien, une sensation etrange m’envahit, comme si le liquide coulant dans ma gorge venait transformer la nature meme de mon corps. Alors que cette sensation s’amplifiait, je m’apercus que je pouvais comprendre tous ceux qui m’entouraient : Japonais, Finlandais, Francais, Hollandais, Coreens, tous, je comprenais leur langue et eux comprenait la mienne. Mais ce n’etait pas tout! Pains, poissons et autres mets, se dedoublerent sur la table. Plus encore, alors que nous etions 6 au depart autour de la table, voila que nous nous retrouvions a 12, sans compter le chauffeur de taxi barbu. Imaginez la scene!!!!

Apres quelques heures a apprecier ce festin, nous parcourumes quelque peu ce jardin d’Eden decouvrant avec bonheur les vignes de Cabernet-Sauvignon et Muscat. Helas, sous les conseils de Seishinteki-san nous dumes quitter ce lieu magique et enchanteur et repartir par voie celeste pour la Tokyo profane et nous remettre de cette experience hors du commun.

Bibendums

Comme promis, mais un peu tard, voici le recit tant attendu et en exclusivite du tournoi de sumo auquel j’ai assiste il y a peu.

Afin d'apprecier pleinement le spectacle, il etait tout d'abord important de rentrer dans la peau du sumo moyen. Ainsi, decouvrir la nourriture specifique de ces grands sportifs semblait la maniere la plus appropriee d'apprehender leur quotidien. Nous sommes donc alles dejeuner dans un restaurant a proximite du stade afin de savourer la nourriture de base d'un sumotori, le chianko. Ce plat consiste en un ragout de legumes et de viandes : le tout est cuit en 5min devant les yeux du client affame. Chacun vient se servir dans le plat commun a l'aide de ses baguettes (hashi) et une fois que seul le jus du ragout reste dans le plat, on y ajoute des nouilles epaisses (udon). Le tout n'etant pas exceptionnel, je ne m'attarderai pas plus longtemps sur le sujet et prefere me concentrer sur le sport en lui meme..

Ne vous y trompez pas, le sumo n’est pas seulement un sport a l’esthetique percutante, c’est avant tout le fruit de siecles de tradition Shinto, le ring etant un espace principalement religieux, avant d’etre l’arene de ces combats d’une violence inouie. Ainsi, le ring (ou dohyo) est surmonte d’un toit qui symbolise un temple Shinto. Un dragon bleu, un phoenix rouge, un tigre blanc et une tortue noire gardent les 4 points cardinaux du temple et representent egalement les 4 saisons du printemps a l’hiver.

Une session de combats de sumo dure environ deux heures et repond a des regles tres strictes. Tout d’abord sous l’appel d’un juge les sumotori (ou rikishi) viennent se dandiner sur le ring l’un après l’autre. Puis c’est au champion en titre (le yokozuna、un mongol en l’occurence)de montrer de maniere ostentatoire ses muscles delicatement recouverts de graisse et ses attributs de combattant (d’une valeur pouvant atteindre 2 millions de yens soit 12000euros grosso modo). L’un des juges (5 en tout : l’un sur le ring et les 4 autres autour) annoncent alors les combats qui auront lieu.

Commencent alors les combats, les uns a la suite des autres (une vingtaine environ). A chaque combat les deux adversaries montent sur le ring et font une demonstration de force face aux spectateurs don’t la signification pourrais se resumer ainsi : et vazy que je me tape le ventre, les cuisses et que je frappe fermement le sol de la plante de mes pieds pour montrer a mon adversaire que ces moi le plus fort (analyse basique du ritual, mais ca me semble assez proche de la realite). Ils lancent ensuite une poignee de sel dans le cercle de combat afin de le purifier puis y entrent Il recommence alors leur gesticulations et ressortent du cercle. Les meme gestes sont repris trois fois et l’affrontement peut alors commencer. Le spectateur a alors tout au plus 5 sec pour apprecier la beaute des sumotori en action : il n’en faut pas plus pour que l’un des bebes nippons grassouillets ne renverse son adversaire ou le pousse hors du ring. Le juge central annonce alors le vainqueur et on repart pour un tour.

Si, durant la premiere heure de spectacle, on ne s’ennuie pas, la longueur du rituel deviant tres vite soporiphique et il n’est pas rare de voir bon nombre d’autochtones assoupis sur les bancs du stade. Afin d’eviter ce genre de mesaventure, il est important de choisir un favori parmi les sumotori afin de pouvoir l’encourager lors de ses combats. Il convient alors passer outré le silence religieux regnant en celieu et de crier son nom avec toute la conviction possible.

Le yokozuna participe toujours au dernier combat. L’actuel champion etant particulierement fort, le suspense n’etait alors pas a son comble et on pouvait distinguer les ronflements d’une partie de la sale. Mais o surprise le mongol s’est fait ratatiner ce qui nous a permis de decouvrir une coutume interessante : si un evenement d’un interet primordial survient lors du dernier combat le public se doit de jeter le plus sauvagement possible le cousin sur lequel il est assis. La encore la signification est assez floue mais je vous laisse le soin de l’interpretation.

Attention bientot ne rater pas la description d’une croisiere idyllique en baie de Tokyo, une veritable merveille offerte par la surprenante civilisation nippone.